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Édi­teur : Livr’Arbitres
Paru­tion : Prin­temps 2024
Nombre de pages : 124

Collectif

Actes du colloque (2024)

Hors-série Livr’Arbitres

10,00 

77 en stock

Hors-série de la revue non-conforme Livr’Ar­bitres, actes du XIe col­loque annuel de l’Ins­ti­tut Iliade.

Éditorial : L’Europe, entre mythe et espérance

L’Europe – son his­toire, sa culture, son iden­ti­té, son ave­nir – a tou­jours été au centre, au cœur, des pré­oc­cu­pa­tions de l’Iliade. Or cette Europe est aujourd’hui pro­fon­dé­ment en crise, à la fois struc­tu­rel­le­ment et sym­bo­li­que­ment. Alors qu’elle n’a jamais été aus­si néces­saire et impé­rieuse face aux défis mon­diaux, l’idée euro­péenne s’éloigne mal­heu­reu­se­ment de l’esprit d’un grand nombre d’habitants des pays qui la composent.

Elle décline notam­ment sous les coups de bou­toirs de « l’occidentalisme » qui a fait son grand retour à l’occasion de la tra­gique guerre rus­so-ukrai­nienne, rapi­de­ment trans­for­mée en guerre rus­so ota­nienne. « L’occidentalisme » refuse l’idée d’une auto­no­mie de l’Europe et d’un des­tin spé­ci­fique de celle-ci au pro­fit d’une fan­tas­ma­tique « soli­da­ri­té » des pays « blancs » et « déve­lop­pés », « démo­cra­tiques » et « capi­ta­listes » , aus­si divers que l’Australie ou Israël, cor­na­qués par les États-Unis bien évi­dem­ment. C’est une sorte d’infantilisme apeu­ré consis­tant à se pla­cer sous l’aile pré­ten­du­ment « pro­tec­trice » du « grand frère » amé­ri­cain et de sa puis­sance miliaire à la moindre crise sérieuse, réflexe d’adulte sous tutelle n’ayant pas la moindre confiance en sa propre capa­ci­té de défense et de rési­lience. C’est aus­si un aveu­gle­ment total face aux ravages iden­ti­taires et cultu­rels cau­sés par l’imposition pla­né­taire de « l’american way of life », prin­ci­pale cause d’arasement de la diver­si­té du monde. Être occi­den­ta­liste, c’est confondre niveau de vie et culture, cou­leur de peau et iden­ti­té, mar­ché et civilisation.

L’aspiration euro­péenne est aus­si gran­de­ment mal­me­née par l’omniprésence délé­tère de l’Union Euro­péenne et de ses ins­ti­tu­tions non-démo­cra­tiques, aus­si intru­sives que coer­ci­tives, dont la régle­men­ta­tion de plus en plus obèse, toute entière au ser­vice des inté­rêts de l’oligarchie finan­cière mon­dia­li­sée, sus­cite un légi­time rejet, chaque jour plus mas­sif. Pour beau­coup, aujourd’hui, l’Europe est prin­ci­pa­le­ment syno­nyme de perte de liber­té et de sou­ve­rai­ne­té, de tra­cas­se­ries admi­nis­tra­tives et de pro­pa­gande wokiste et immigrationniste.

Face à ces écueils, redon­ner vie et vigueur à l’idée euro­péenne, des­si­ner un ave­nir d’indépendance et de puis­sance pour des peuples euro­péens unis dans le res­pect de leurs spé­ci­fi­ci­tés et par­ti­cu­la­rismes, sous l’égide du prin­cipe de la sub­si­dia­ri­té, ras­sem­bler les éner­gies au ser­vice d’un grand pro­jet civi­li­sa­tion­nel, voi­là quelle est la haute et déli­cate ambi­tion de ce nou­veau col­loque de l’Iliade, auquel, une fois encore, la revue Livr’arbitres est fière et heu­reuse de s’associer.

Xavier Eman